Nos prétendants à la présidence font de nombreuses références à l'histoire idéologique de la France, à notre passé. Ségolène Royal n'a su trouver d'autres mots lors de sa victoire aux primaires socialistes que ceux de François Mitterrand lorsqu'il a annoncé officiellement sa candidature. Le parti au pouvoir s'amuse à légiférer sur des faits historiques. Le Front National tient le même discours depuis des dizaines d'années. On nous monte la tête avec le grand passé de (prétendument) précurseur qu'a la France : séparation de l'Eglise et de l'Etat, abolition de la peine de mort, la déclaration des droits de l'Homme et du citoyen, etc. Et maintenant ?
La France a perdu ses idées. Mais pire que cela, elle n'en a pas de nouvelles. on s'attarde sur notre passé, et on oublie qu'une histoire, ça se construit maintenant. On se targue de suivre une voie différente de celle des Etats-Unis, alors que nous avons, dans les faits, tendance à s'en approcher. Car les campagnes présidentielles sont désormais basées sur l'image. Rien d'autre n'a l'air de compter, que l'apparence détendue (mais pas trop quand même !), la non-hésitation (très travaillée), et même le côté sexy (et c'est valable pour les deux sexes), surtout depuis l'arrivée en lice de Mme Royal (qui, comparée à Alliot-Marie, "a beaucoup plus de chances puisqu'elle est élégante !")
Mais à force de voir le duo Royal vs Sarkozy dans nos petits écrans, arrive la question "où sont les idées, les vraies ?". Bien sûr, ils ont des projets, plus ou moins bien adaptés à la situation (et quelle situation !), mais l'idéologie, l'utopie du meilleur n'existe plus. Sans convictions, nos personnalités politiques s'obstinent à rester pragmatiques (et s'en vantent même !), mais est-ce réellement ce qu'on souhaite ? Quand on regarde tous ces prétendants à la haute fonction, on voit des personnes avides de pouvoir, prêts à tout pour s'asseoir sur le trône de la France. Des gens malins, sournois, qui palabrent sur ce qu'on veut soit-disant entendre, appuyés sur des sondages insignifiants, à partir desquels ils font leur politique.
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