Bienvenue !
Vous vouliez la suite, la voilà ! Je vais reprendre mon blog petit à petit, j'espère que cette fois je ne me découragerai pas. Bonne lecture à tous !
Déroulons le tapis rouge au vote utile. Voilà ce qui ressort du résultat du premier tour des présidentielles. Pendant de nombreux mois, les Français ont été bercés entre Sarkozy et Royal. Les médias n'ont pas hésité à assommer les électeurs par la peur d'un retour du Front National. Résultat : cette année dans la tête de chacun, il faut être stratégique. Autrement dit, ne pas voter pour ses convictions, mais pour celui qui a ses chances au second tour. Peu importe, finalement, qu'on soit représenté par ses idées. Le débat sur la bipôlarisation de la politique dans les médias, amorcé par Bayrou quelques mois avant le premier tour, n'a pas eu de suite. Les électeurs, avec ou sans opinion politique, se sont fait manipulés. Formatés depuis presque deux ans par le quatrième pouvoir, dans leur tête tout est clair : ça sera soit Sarko, soit Ségo. La France, qui s'est battue pendant des siècles pour la liberté d'opinion, se met toute seule les chaînes aux pieds. A chaque élection, le pays s'enlise encore. Car ici, le berceau de la démocratie, ici où on défendait ardemment ses idéaux, on a oublié pourquoi on avait lutté.
Voter utile, un scandale ! Voter utile, ou autrement dit la fin de l'opinion, la fin de la démocratie. Voter utile pour faire passer à la trappe toutes les chances de la population de s'exprimer pour ses convictions. Car le seul instant où les électeurs français peuvent affirmer librement leur opinion, c'est le jour du premier tour des présidentielles. Il est trop tard.
Peut-être ne comprenez-vous pas de quoi je parle. Peut-être n'avez vous aucun souvenir de cette période historique. Si c'est le cas, cela signifie que mes actions n'ont rien changé. Alors pour vous aider, je vais vous raconter. J'espère alors que mon histoire vous apprendra dans quelle situation vous êtes.
Cela fait trente ans maintenant que le monde a été bouleversé par une poignée de gens qui ont pris le pouvoir par un coup d'Etat. Dès lors, chaque personne réfractaire au nouveau système était tuée. Au début, c'était la panique. Mais rapidement, des dizaines de personnes se sont résignées. Au bout de six mois, la répression était tellement forte que quelques milliers de personnes ont prêté allégeance à ce système. Mes parents en font partie. Alors la main d'oeuvre ne manquait plus pour assurer au pouvoir sa place. Des équipes ont été formées en assassinat et en torture. Dès lors, les cadavres dans la rue faisaient partie du paysage. J'ai été élevée avec cette doctrine, et mes parents m'ont embrigadé. Certainement pour mon bien, pour pas que je finisse inerte, pourrissante au milieu du trottoir. J'ai suivi les formations de nettoyage. Au début, je ne comprenais pas véritablement de quoi il s'agissait. C'était pour moi comme un jeu, et les cours étaient d'ailleurs présentés comme tels. J'avais alors cinq ans. J'ai réalisé ce à quoi j'étais vouée le jour où mon père est mort, souvenez-vous, je vous ai déjà raconté.
J'ai décidé une chose en mon fort intérieur. Il fallait, à l'époque, que je le garde pour moi, que je ne me trahisse pas. J'ai compris, quand j'ai commencer à travailler, que le seul et unique moyen de contrer cette dictature, c'était de jouer avec elle comme ils jouent avec moi. Tout était contrôlé. Des flopées de tests de loyauté étaient réalisés sur chaque personne travaillant pour le pouvoir, du simple balayeur jusqu'au bras-droit de l'homme qui contrôlait tout. Pour réduire ce système affreux au simple souvenir, il fallait que j'atteigne ce poste. De fait, je devais être parfaite dans ce que je faisais, et dans ce que je pensais. Ce fut un énorme travail sur moi-même. La nuit, j'exécutais les ordres de mes supérieurs, et le jour je m'entraînais aux tests de loyauté afin qu'ils soient parfaits. A tel point que j'ai failli, par moments, me résigner à être ce que je voulais paraître. Mais la main du petit garçon était toujours là pour me remettre dans le droit chemin.
Dans les premières années, j'ai pu monter les échelons rapidement. Mais plus on prend de l'importance, plus c'est dur d'en prendre encore plus. Alors le rythme s'est ralenti. J'ai cru que je n'y arriverai jamais. Je tuais tous les jours un peu plus de résistants, mais aussi des malades, des handicapés. Pour chacun d'eux, la douleur était grandissante. Chaque visage est resté gravé dans ma tête. Je m'étais promis que je les vengerais, et il faut tenir ses promesses. Aux yeux de ceux que je voulais aider, j'étais redoutable. Moi-même, je haïssais le camp dans lequel j'étais officiellement. Pendant des dizaines d'années, je me sentais seule à l'extrême. Malgré tout, je ferais tout pour arriver au bout de mes convictions. Car pour moi, les convictions d'un homme dictent sa vie.
Je m’enfonçai de plus en plus loin dans la ruelle, l’obscurité oppressante me comprimait la cage thoracique et mes jambes, lourdes, me faisaient avancer doucement. Trop doucement. Les râles des hommes, désespérés, assourdissaient mes oreilles, et j’oubliai pourquoi j’étais ici. De nombreuses fois, ma canne heurta un bras, une jambe, et provoquait une émeute dont j’arrivai à sortir rapidement, mon agilité me permettant de me mettre à l’abri. Les quelques reniés se battant dans mon dos me rappelèrent soudain une scène de mon enfance. Le garçon aux yeux tristes m’avait pris la main, ici, pour me faire ressentir plus profondément encore sa détresse. C’est ce détail qui me fit réaliser la bassesse de ma destinée. A cet instant, j’avais voulu parti avec lui, aider à l’insurrection, militer pour la liberté d’un peuple méritant. Je l’aurais suivi partout. J’avais trouvé un compagnon, si personne ne s’était interposé à cet instant. Un hurlement, ma mère, choquée, qui me força à lâcher cette main que j’emmènerai avec moi dans mon cœur. Cette main, symbole de vie. Depuis, j’ai renoncé à mon rêve vagabond, je tue ces gens avec qui j’avais eu la brève occasion de refaire le monde. Ces gens qui ont le courage de nourrir encore en eux de lourdes pensées révolutionnaires.
Alors que l’obscurité, poursuivant la conquête de mon être, envahissait ma tête alourdie par le poids du souvenir, l’envie irrépressible de voir le charbon ardent consumer lentement le cône ocre prenait possession de moi. Le bonheur, la jouissance procurée par ma psyché, l’onde bonifiante se propageant à travers mon corps et mon esprit, cette libération de quelques heures. Plus rien ne me faisait envie. Même l’amour faisait pâle figure face à la passion de la fumée. Le cylindre se consumait lentement maintenant, la lumière ardente se faisait parfois aspirée par le flot de mes pensées. Dès lors, je ressentais le besoin pressant de raviver le feu, de prendre une bouffée d’oxygène supplémentaire quand tout devient noir. L’apothéose, le fin du fin, quand le bonheur se rapproche de l’extase, c’est celle-ci, cette bouffée, la dernière, qui va vous réintroduire lentement jusqu’à la réalité du monde dans lequel vous vivez. Jusqu’au prochain.
Au fil d’une descente lente et tortueuse dans l’enfer de mon être, les souvenirs venaient un à un refaire surface, au bord de l’autoroute cérébrale. Chaque chose prenait son importance, les éléments clés grossis par le temps étaient d’un envahissement agaçant, d’une hautaine présence et les détails s’effaçaient face à cet impétueux dédain qui leur étaient attribué. Et pourtant, ce sont les plus oubliés qui, parfois, sont d’une importance primordiale à l’évolution de votre vie. Ce fût le cas pour moi. Ma vie, ma parodie de chef-d’œuvre, prenait un sens dans les détails. Ma mémoire était en constante activité, mon énergie entière était vouée à retrouver le moindre signe qui puisse me dire que faire, où aller. Depuis des jours déjà, je déambulais dans les rues du vieux Panas, en espérant trouver mon histoire en cherchant celle de cette ville sinistre.
Depuis le début de l'année 2007, 10 stations d'essence proposent du bio-éthanol, un carburant composé à 85 % d'huiles végétales et 15 % de pétrole. Ce n'est donc qu'une minorité de pompistes qui ont répondu positivement au gouvernement français, qui les appelait à répandre au maximum l'offre de biocarburant afin d'inciter les constructeurs automobile à mettre sur le marché des véhicules accessibles, prenant en charge le produit. L'État a promis, en échange de leur coopération, d'attribuer des subventions. Mais cet apport financier ne semble pas avoir convaincu les distributeurs.
Ce n'est donc pas pour tout de suite, l'ère des transports privés écolos, bien que de nombreux débats et mesures ont été prises durant les derniers mois. Certains français ont pourtant relevé le défi, en sachant que les nouvelles voitures vertes peuvent aussi supporter une essence traditionnelle, comme le sans plomb. Il est regrettable de voir que ces solutions restent peu accessibles au public, alors que le litre de bioéthanol coûte environ 0,7 euros, seulement. Si l'offre était plus répandue, il semble évident que les conducteurs français seraient prêts à changer de voiture, pour une question premièrement morale, mais aussi pour le portefeuille.
Les pompistes restent pour l'instant sceptiques face à cette nouvelle entrée dans le marché. Sûrement gardent-ils en mémoire l'investissement à perte qu'ils ont mis en place dans le GPL, alors qu'il est désormais évident que les voitures roulant au gaz sont rares. Mais surtout, étant donné le nombre de recherches qui sont effectuées dans le domaine de l'essence biologique, le monde de l'automobile de se risque pas à se lancer dans une filière, alors que d'autres pourraient se voir accorder beaucoup plus de crédit dans un avenir proche.
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